La volonté d’exceller : ce qu’il faut pour devenir joueur professionnel

de Becky Kellar-Duke Hockey Notre création d’un environnement optimal pour nos enfants leur permet à la fois d’acquérir la confiance en soi, de s’amuser et de maximiser leur potentiel.

Au départ, tout repose sur la passion. J’ai déjà entendu Brian Burke déclarer : « On ne peut pas seulement aimer ce sport, il faut l’adorer. C’est l’unique façon de réussir. »

J’ai eu la chance de grandir animée par la passion du hockey et d’avoir des parents qui ont encouragé mon enthousiasme à une époque où les filles ne devaient pas pratiquer ce sport. Mes parents ont abandonné leurs intentions de finition du sous-sol pour que je puisse m’entraîner à lancer des rondelles. Mon père a accroché des ampoules du garage jusqu’à l’étang de la cour pour éviter que je doive patiner dans la noirceur. Ils m’ont emmenée aux parties de hockey, parcouru des kilomètres et des kilomètres, dépensé pour m’équiper, me donner du temps sur la glace et de l’entraînement supplémentaire. Tout cela parce que c’est ce que je désirais. Mes parents ne m’ont jamais forcée; ils m’ont simplement laissée décider par moi-même, tout en offrant leur aide au besoin.

Bien que j’éprouvais une passion toute naturelle pour ce sport, mes parents ont veillé à ce que mon engouement tienne bon. Comme parents et entraîneurs, nous influençons directement la capacité de notre enfant à s’amuser en jouant au hockey. Comment pouvons-nous donc avoir un effet positif sur l’expérience de notre enfant?

Le plaisir

Avant tout, nous jouons au hockey parce que c’est un jeu; un jeu qui nous procure du plaisir. Combien de fois voyons-nous nos enfants sortir tout souriants du vestiaire après une cuisante défaite, alors que nous, les parents, les attendons tout tristes devant la porte? Les enfants, ayant déjà fait table rase de la partie, anticipent les prochains divertissements : gâteries, soirées pyjama, sorties en équipe. Bien que, comme adultes, nous demeurons souvent perplexes devant leur absence de chagrin, leur réaction peut nous enseigner une leçon. En tant qu’athlètes de niveau élite, nous passons beaucoup de temps à nous entraîner à oublier nos erreurs et nos parties ratées et à passer à autre chose. Cette aptitude est tout à fait naturelle chez la plupart des enfants, les chanceux! Ils retournent sur la patinoire en excellente humeur pour la prochaine partie ou séance d’entraînement. Oui, j’ai toujours mieux joué lorsque j’y prenais plaisir, comme la majorité des athlètes d’ailleurs. Si nous souhaitons à nos enfants une performance maximale, nous devons nous assurer qu’ils n’oublient pas de s’amuser.

La confiance en soi

La confiance est le plus important facteur psychique qui influence la pratique sportive. Comme l’a dit Yogi Berra : « Le baseball est une activité à 90 % mentale; l’autre moitié est physique. » Bien qu’on peut douter des capacités mathématiques de Yogi, ce qu’il dit s’applique volontiers au hockey. Pour briller dans une discipline, il avoir croire en sa capacité de le faire. Comme parents, nous avons une énorme influence sur le sentiment de confiance en soi de notre enfant. Je me rappelle les paroles de notre psychologue du sport : « Si je t’assène une série de coups de poing, je ne peux pas te blâmer d’avoir des bleus. » Si nous nous étendons éternellement sur les aspects négatifs après une partie, nous ne pouvons pas nous attendre à ce que notre enfant maintienne sa confiance en soi.

La camaraderie

Le hockey ne se joue pas uniquement sur la patinoire. Parfois, notre niveau de confiance en soi dépend de facteurs hors glace. La plupart des athlètes, en particulier les filles, ont besoin d’éprouver un sentiment d’appartenance. Je me souviens de ma première série de parties à l’étranger avec Équipe Canada. Après la séance d’entraînement, nous sommes retournés à l’hôtel pour le repas du midi. Première arrivée dans la salle à manger, j’ai pris mon assiette et m’assis. Les trois prochaines joueuses allèrent s’asseoir à une table différente. À chaque fois qu’une d’elles passait à côté de moi, je me sentais encore plus diminuée, ma confiance en soi dégonflait d’un cran. C’est alors que l’idée me survint : « Je vais être virée. » Bien qu’en rétrospective tout ceci me paraît ridicule, la confiance en nous-mêmes que nous avons hors glace influence directement notre performance sur la patinoire. Heureusement, la quatrième personne qui entra dans la salle, la capitaine de l’équipe, vint s’asseoir avec moi. Ses paroles me redonnèrent toute ma confiance : « Comment vas-tu? » Parfois, ça ne prend qu’une toute petite chose pour nous faire sentir qu’on fait partie du groupe. Alors, avant de refuser à votre enfant les sorties en équipe, les soirées pyjama et autres moments passés avec les coéquipiers, n’oubliez pas l’effet positif qu’ils peuvent avoir sur la confiance en soi de votre jeune athlète.

Éviter l’épuisement

De nos jours au Canada, le hockey est un engagement à longueur d’année : le hockey d’hiver, le hockey de printemps, le hockey d’été, toute cette activité dans le but de former des joueurs de hockey hors pair. Des efforts de ce type entraînent facilement l’épuisement des joueurs. Comme parents et entraîneurs, si nous avons pour but de développer des athlètes heureux et confiants, nous devons leur laisser la chance de reprendre des forces. De plus, selon tous les modèles de développement d’athlètes à long terme, la pratique de plusieurs sports produit de meilleurs athlètes qui, à leur tour, deviendront de meilleurs joueurs de hockey.

Notre création d’un environnement optimal pour nos enfants leur permet à la fois d’acquérir la confiance en soi, de s’amuser et de maximiser leur potentiel. Que pourrait-on demander de plus?

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